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Volume 27
Numéro 16
Le mercredi 1 septembre 2010
Pas de français enrichi à Dawson, le ministère de l'Éducation demeure muet.
Le mystère plane toujours face à l'avenir du français à l'école Robert-Service à Dawson. Plus de deux semaines après le début des classes, les parents ignorent toujours pourquoi le programme de français enrichi n'est plus enseigné à l'école. À cela s'ajoute la surprise d'apprendre que l'enseignement du français langue première a également connu son lot de compressions. Le programme n'est désormais plus offert de la maternelle à la troisième année à Dawson.
« Je ne le savais même pas », ne cessait de répéter Josée Savard, un parent francophone de Dawson, encore sous l'effet de la surprise. Mme Savard a été la première à sonner l'alerte sur la disparition du programme de français enrichi de Dawson. « J'ignore si les parents de l'école sont au courant. Ça n'a aucun sens, le français langue seconde ne peut pas commencer à être enseigné seulement à la 4e année! », s'indigne-t-elle.
Tandis que les surprises se multiplient, le silence entourant les raisons de ces changements demeure troublant. Josée Savard a reçu la confirmation de la part de Mike Woods, qu'une réunion avait récemment eu lieu entre le directeur de l'école Joe Karmel et Élizabeth Lemay du ministère de l'Éducation. Ils se seraient entendus pour avoir une rencontre à ce sujet en octobre alors que le nouveau directeur de la Division des programmes de français sera en place.
« Mais le directeur de l'école Robert-Service n'est jamais venu nous voir après cette réunion. Il continue à ne rien dire à ce sujet. Nos enfants toutefois se font dirent par les enseignants qu'il n'y a plus rien à faire, que le programme est bel et bien terminé. Ça n'a aucun sens », déplore Josée Savard.Le directeur de l'école Robert-Service en est à sa deuxième année à Dawson. Il se pourrait qu'il soit à l'origine de tous les changements survenus dans le dossier de l'enseignement du français à son école. Car, c'est habituellement à la direction de prendre des décisions quant aux cours ou aux programmes qui sont donnés à leur école. Si tel a été le cas dans ce dossier, cette décision soulignerait alors à quel point la communauté francophone de Dawson est toujours soumise au bon vouloir de la personne en place. On le voit, les décisions se sont prises dès le printemps dernier sans en aviser la communauté francophone de Dawson, la deuxième en importance au Yukon.Au moment d'aller sous les presses, l'Aurore boréale tente toujours de rejoindre M. Karmel à ce sujet tout comme Élizabeth Lemay.Le projet pilote de français enrichi avait été mis sur pied à la demande des parents de Dawson en 2006, en concertation avec l'Association franco-yukonnaise, puis repris par le ministère de l'Éducation. Un tel programme était devenu nécessaire pour répondre aux besoins des jeunes élèves francophones. Car, leur connaissance en français était trop élevée pour le programme de français langue seconde qui y était traditionnellement enseigné de la maternelle à la 12e année.Le programme qui aura duré quatre ans n'était certes pas parfait. Les ressources étaient insuffisantes, le temps limité et l'enseignant devait faire preuve d'une grande créativité pour arrimer le tout. Il s'agissait donc d'un projet pilote qui aurait gagné à être bonifié avec les années. C'est ce dernier qui a été totalement aboli.Le programme de français langue seconde qui a également été coupé cet automne de la maternelle à la troisième année, constitue une introduction de base au français. Il est offert dans la très grande majorité des écoles du Yukon à partir de la maternelle ou de la première année. Le territoire se base toutefois sur le curriculum d'enseignement de la Colombie-Britannique et cette dernière inclus l'enseignement du français langue seconde qu'à partir de la 5e année. Rien n'oblige donc les écoles du Yukon en principe à offrir le programme à partir de la maternelle.Cette situation entraîne des débats importants face au type d'éducation que les francophones de Dawson désirent pour leur enfant. Certains parents commencent à pencher vers l'option de l'ouverture d'une école francophone alors que d'autres hésitent craignant que les enfants soient ainsi marginalisés. Dans ce dossier c'est la Commission scolaire francophone du Yukon qui a pour mandat d'ouvrir des écoles francophones au Yukon. L'article 22 de la charte canadienne des droits et libertés spécifie toutefois qu'une école peut être ouverte que là où le nombre le justifie. « À Hay River aux Territoires du Nord-Ouest, l'école a commencé avec seulement six élèves. Maintenant ils ont des élèves de la prématernelle jusqu'à la 12e année », explique Lorraine Taillefer, directrice de la Commission scolaire francophone du Yukon. « Si à Dawson ils ont par exemple six élèves de la maternelle à la 3e année ce serait tout-à-fait suffisant pour ouvrir une école. Il s'agit de revendications difficiles autant pour la communauté que pour le gouvernement, mais qui en vaut la peine. Si tel est le désir des parents de Dawson alors, dès que nous obtiendrons leur demande officielle, nous pourrons entamer les démarches revendicatrices auprès du ministère de l'Éducation. Si les parents veulent en savoir plus sur le sujet avant de prendre une telle décision, nous irons également les rencontrer pour leur fournir tous les renseignements nécessaires. Il s'agit d'une petite communauté alors l'ouverture d'une école française pourrait se dérouler relativement rapidement », ajoute-t-elle.La Commission scolaire répond aux besoins des francophones excluant toutefois les francophiles. C'est pour cette raison que le Partenariat communautaire en éducation (PCÉ), formé d'organismes communautaires qui ont un lien avec le français au territoire, suit également de près le dossier. Le PCÉ regroupe notamment "La garderie du petit cheval blanc", le groupe de femmes "Les EssentiElles", le Service d'orientation et de formation des adultes(SOFA), la Commission scolaire francophone du Yukon et l'Association franco-yukonnaise (AFY). En se regroupant ainsi, les organismes tentent d'avoir un meilleur tableau des besoins en éducation et en formation en français au territoire et pouvoir alors agir de façon plus efficace auprès des francophones et des francophiles du Yukon.La stratégie du PCÉ dans ce dossier est de rencontrer le nouveau directeur de la Division des programmes de français, Yann Herry, dès qu'il sera en poste le 1er septembre, c'est-à-dire aujourd'hui même. Il y a de fortes chances que Josée Savard puisse également se déplacer pour participer à cette rencontre.
« À Dawson, nous nous sommes battus plus d'une fois dans le passé pour que le gouvernement nous écoute et on va le faire encore », lance-t-elle plus déterminée que jamais.MARIE-HELENE COMEAU
« Je ne le savais même pas », ne cessait de répéter Josée Savard, un parent francophone de Dawson, encore sous l'effet de la surprise. Mme Savard a été la première à sonner l'alerte sur la disparition du programme de français enrichi de Dawson. « J'ignore si les parents de l'école sont au courant. Ça n'a aucun sens, le français langue seconde ne peut pas commencer à être enseigné seulement à la 4e année! », s'indigne-t-elle.
Tandis que les surprises se multiplient, le silence entourant les raisons de ces changements demeure troublant. Josée Savard a reçu la confirmation de la part de Mike Woods, qu'une réunion avait récemment eu lieu entre le directeur de l'école Joe Karmel et Élizabeth Lemay du ministère de l'Éducation. Ils se seraient entendus pour avoir une rencontre à ce sujet en octobre alors que le nouveau directeur de la Division des programmes de français sera en place.
« Mais le directeur de l'école Robert-Service n'est jamais venu nous voir après cette réunion. Il continue à ne rien dire à ce sujet. Nos enfants toutefois se font dirent par les enseignants qu'il n'y a plus rien à faire, que le programme est bel et bien terminé. Ça n'a aucun sens », déplore Josée Savard.Le directeur de l'école Robert-Service en est à sa deuxième année à Dawson. Il se pourrait qu'il soit à l'origine de tous les changements survenus dans le dossier de l'enseignement du français à son école. Car, c'est habituellement à la direction de prendre des décisions quant aux cours ou aux programmes qui sont donnés à leur école. Si tel a été le cas dans ce dossier, cette décision soulignerait alors à quel point la communauté francophone de Dawson est toujours soumise au bon vouloir de la personne en place. On le voit, les décisions se sont prises dès le printemps dernier sans en aviser la communauté francophone de Dawson, la deuxième en importance au Yukon.Au moment d'aller sous les presses, l'Aurore boréale tente toujours de rejoindre M. Karmel à ce sujet tout comme Élizabeth Lemay.Le projet pilote de français enrichi avait été mis sur pied à la demande des parents de Dawson en 2006, en concertation avec l'Association franco-yukonnaise, puis repris par le ministère de l'Éducation. Un tel programme était devenu nécessaire pour répondre aux besoins des jeunes élèves francophones. Car, leur connaissance en français était trop élevée pour le programme de français langue seconde qui y était traditionnellement enseigné de la maternelle à la 12e année.Le programme qui aura duré quatre ans n'était certes pas parfait. Les ressources étaient insuffisantes, le temps limité et l'enseignant devait faire preuve d'une grande créativité pour arrimer le tout. Il s'agissait donc d'un projet pilote qui aurait gagné à être bonifié avec les années. C'est ce dernier qui a été totalement aboli.Le programme de français langue seconde qui a également été coupé cet automne de la maternelle à la troisième année, constitue une introduction de base au français. Il est offert dans la très grande majorité des écoles du Yukon à partir de la maternelle ou de la première année. Le territoire se base toutefois sur le curriculum d'enseignement de la Colombie-Britannique et cette dernière inclus l'enseignement du français langue seconde qu'à partir de la 5e année. Rien n'oblige donc les écoles du Yukon en principe à offrir le programme à partir de la maternelle.Cette situation entraîne des débats importants face au type d'éducation que les francophones de Dawson désirent pour leur enfant. Certains parents commencent à pencher vers l'option de l'ouverture d'une école francophone alors que d'autres hésitent craignant que les enfants soient ainsi marginalisés. Dans ce dossier c'est la Commission scolaire francophone du Yukon qui a pour mandat d'ouvrir des écoles francophones au Yukon. L'article 22 de la charte canadienne des droits et libertés spécifie toutefois qu'une école peut être ouverte que là où le nombre le justifie. « À Hay River aux Territoires du Nord-Ouest, l'école a commencé avec seulement six élèves. Maintenant ils ont des élèves de la prématernelle jusqu'à la 12e année », explique Lorraine Taillefer, directrice de la Commission scolaire francophone du Yukon. « Si à Dawson ils ont par exemple six élèves de la maternelle à la 3e année ce serait tout-à-fait suffisant pour ouvrir une école. Il s'agit de revendications difficiles autant pour la communauté que pour le gouvernement, mais qui en vaut la peine. Si tel est le désir des parents de Dawson alors, dès que nous obtiendrons leur demande officielle, nous pourrons entamer les démarches revendicatrices auprès du ministère de l'Éducation. Si les parents veulent en savoir plus sur le sujet avant de prendre une telle décision, nous irons également les rencontrer pour leur fournir tous les renseignements nécessaires. Il s'agit d'une petite communauté alors l'ouverture d'une école française pourrait se dérouler relativement rapidement », ajoute-t-elle.La Commission scolaire répond aux besoins des francophones excluant toutefois les francophiles. C'est pour cette raison que le Partenariat communautaire en éducation (PCÉ), formé d'organismes communautaires qui ont un lien avec le français au territoire, suit également de près le dossier. Le PCÉ regroupe notamment "La garderie du petit cheval blanc", le groupe de femmes "Les EssentiElles", le Service d'orientation et de formation des adultes(SOFA), la Commission scolaire francophone du Yukon et l'Association franco-yukonnaise (AFY). En se regroupant ainsi, les organismes tentent d'avoir un meilleur tableau des besoins en éducation et en formation en français au territoire et pouvoir alors agir de façon plus efficace auprès des francophones et des francophiles du Yukon.La stratégie du PCÉ dans ce dossier est de rencontrer le nouveau directeur de la Division des programmes de français, Yann Herry, dès qu'il sera en poste le 1er septembre, c'est-à-dire aujourd'hui même. Il y a de fortes chances que Josée Savard puisse également se déplacer pour participer à cette rencontre.
« À Dawson, nous nous sommes battus plus d'une fois dans le passé pour que le gouvernement nous écoute et on va le faire encore », lance-t-elle plus déterminée que jamais.MARIE-HELENE COMEAU