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Histoire de la francophonie

Le roi du commerce des fourrures dans le Nord : portrait d'un coureur des bois

MERCIER, François-Xavier - Il est né en 1838 à Saint-Paul l'Ermite, petite ville située au nord-est de Montréal. Sa famille est connue puisqu'il compte parmi ses cousins Honoré Mercier, premier ministre de la province de Québec de 1887 à 1891 et Joseph Royal, lieutenant gouverneur des Territoires du Nord-Ouest de 1888 à 1893. Le frère de François-Xavier, Moïse Mercier, a lui aussi travaillé dans le Nord comme commerçant de fourrures (F. X. MERCIER. Recollection of the Youkon, p. xii. ).

François-Xavier Mercier quitte la maison à l'âge de 18 ans et travaille dans le commerce des fourrures aux États-Unis. En 1866, il revient au Canada où il passe deux ans à l'emploi de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Il part ensuite pour San Francisco où il fonde la Pioneers Company avec un compagnon américain. En juin 1868, les deux hommes se rendent à St. Michael, Alaska. Ils y fondent le comptoir commercial de Noukelakayet. Leur entreprise ne survit qu'une année. Dès 1869, Mercier se joint à la Hutchinson, Kohl and Company, qui prendra peu de temps après le nom de Alaska Commercial Company. Il en devient l'agent général (C. GIRARD et R. LAROCHE. Un jardin sur le toit, p. 32. ). À partir de St. Michael, il supervise l'établissement de comptoirs commerciaux au Yukon et en assure l'approvisionnement avec seulement un petit bateau à vapeur, le Yukon. Mercier est alors le premier à amener du ravitaillement par l'embouchure du fleuve Yukon plutôt que par la difficile route Mackenzie-Porcupine (M. WEBB, Yukon: The Last Frontier, p. 56-58. ).

Pendant l'été de 1874, il fonde, avec Jack McQuesten, Fort Reliance, le premier comptoir commercial dans la région qui va devenir le Klondike (K. S. COATES et W. R. MORRISON, Land of the Midnight Sun: A History of the Yukon, p. 48. ). Ce poste, situé à environ six milles de l'emplacement actuel de Dawson, avait été choisi par Mercier puisqu'il raccourcissait la distance que les autochtones avaient à parcourir pour vendre leurs fourrures (M. WEBB, Yukon: The Last Frontier, p. 61. ). Dans son journal, Mercier écrit que son choix d'emplacement a permis la découverte de plusieurs gisements d'or puisque les mineurs avaient tendance à ne pas trop s'éloigner des postes de ravitaillement lorsqu'ils prospectaient (F. X. MERCIER, Recollection of the Youkon, p. 12. ).

François-Xavier Mercier est décrit comme le roi du commerce des fourrures dans le Nord. Il a consacré en effet dix-sept ans de sa vie à cette activité (1868 à 1885). Avec sa stature de géant, son dynamisme et sa perspicacité, Mercier inspirait le respect (M. WEBB, «The Yukon and its History», Alaska Geographic : The Middle Yukon River, vol. 17, n° 3, 1990, p. 17. ). Il a su gagner la confiance des commerçants indépendants et celle des Premières nations (M. WEBB, Yukon: The Last Frontier, p. 56-58. ).

Il est également responsable de la venue des premiers missionnaires catholiques dans le territoire. En effet, au début des années 1870, il écrit à sa famille leur disant qu'il devrait y avoir des prêtres catholiques dans la région. La famille de Mercier transmet alors sa requête à la maison mère des oblats à Montréal. Un peu plus tard, monseigneur Clut et le père Lecorre s'engagent dans une expédition sur le fleuve Yukon qui les mènent jusqu'à Fort Yukon (F. GUAY, «Mémoires de François Xavier-Mercier», L'Aurore boréale (Whitehorse), 18 décembre 1987, p. 8. ).

En 1885, alors que le commerce des fourrures commence à céder la place à la prospection minière, Mercier quitte le territoire pour établir sa résidence à Montréal. Il voyage aux États-Unis et en France où il fait une présentation devant la Société géographique de Paris. C'est d'ailleurs au nom de cette société qu'il fait un voyage de l'Alaska à la Sibérie en passant par le Détroit de Bering (J. M. ANTONSON, «St. Michael: Alaska's Western Crossroads», Alaska Geographic: The Lower Yukon River, vol. 17, n° 4, 1991, p. 37. ).

Mercier est mort d'une crise cardiaque le 4 janvier 1906 à sa demeure de la rue Saint-Denis, à Montréal. Il avait alors 68 ans (C. GIRARD ET R. LAROCHE. Un jardin sur le toit, p. 32, 46; F. GUAY. «Mémoires de François-Xavier Mercier», L'Aurore boréale (Whitehorse), 20 novembre 1987, p. 6. ).

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